Méfiez-vous quand même des zones de rusticité …

Rédigé par le 12 septembre 2012 dans Culture, Généralités

Même si les zones de rusticité sont des indications intéressantes, il faut savoir garder du recul et les utiliser à bon escient. En effet, elle sont faites sur la base de moyennes et les chiffres unitaires derrière ces moyennes peuvent fortement varier.

J’ai fait une petite étude que je voudrais partager avec vous comme exemple.

Les températures minimales absolues

L’ étude sur mon secteur montrent que celles-ci se situent entre -5°C et -17,5 sur 32 années entre 1981 et 2012 (en estimant que la température la plus basse de Février 2012 était la plus basse de l’année).
La moyenne observée sur ces 32 années est de -9,3°C. L’écart-type (qui mesure la variation) est de 2,8°C.
Sur cette base, on peut en déduire que mon secteur est en zone 8b.
Cependant, cela ne veut pas dire que l’on ne risque rien en plantant des végétaux qui gèlent à partir de -9,3°C.

La variation des températures

En effet, la variation des températures est importante et on a un risque (j’ai utilisé les méthodes statistiques pour faire ce calcul) :

  • de 50% d’être en dessous de -9,2°C
  • de 40% d’être en dessous de -10,0°C
  • de 30% d’être en dessous de -10,8°C                      (1 année sur 3,5)
  • de 20% d’être en dessous de -11,7°C                      (1 année sur 5)
  • de 10% d’être en dessous de -12,9°C                      (1 année sur 10)
  • de   5% d’être en dessous de -14,0°C                      (1 année sur 20)
  • de   1% d’être en dessous de -15,9°C                      (1 année sur 100)

On peut interpréter ces résultats de différentes manières :

  • si je plante un palmier au printemps qui tient à -10°C, j’ai une probabilité de 40% de le voir geler dans l’année qui suit
  • si je plante un palmier au printemps qui tient à -12°C, j’ai 1 risque sur 7 de le voir geler dans l’année qui suit.

Par ailleurs, il faut bien voir que l’hiver suivant, ce risque va se répéter. Le calcul montre que en cumul sur plusieurs années, on a les résultats suivants, si je reste sur les données de mon secteur : 

  • une plante qui gèle à -9°C aura 95% de chances d’avoir disparu au bout du 4ème hiver
  • une plante qui gèle à -12°C aura 35% de chances d’avoir disparu au bout du 4ème hiver
  • une plante qui gèle à -14°C aura 35% de chances d’avoir disparu au bout du 8ème hiver
  • une plante qui gèle à -17°C aura 15% de chances d’avoir disparu au bout du 15ème hiver

Il est donc risqué de planter des végétaux qui gèlent au niveau de la moyenne des températures minimales annuelles du jardin, sauf si on utilise des moyens de protection efficaces. Par contre, on est relativement sûr dès que la plante supporte 5 à 7 °C de moins que cette moyenne.

Mon propos n’est pas de décourager à la plantation, au contraire, mais de bien estimer les risques et de protéger ses végétaux plus fragiles.

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ici.