Interview d’une pépiniériste passionnée de Fuchsias …

Rédigé par le 15 novembre 2012 dans Arbuste, Culture, Exceptionnelles, SubTropicales Rustiques

Il y a quelques semaines j’avais rencontré pour la première fois Elisabeth BARRIER-BUNICHON sur son exploitation horticole et j’avais été frappé par sa passion pour les Fuchsias et son expertise dans ce domaine. J’en avais d’ailleurs fait un article ici. Lors de cette rencontre, je lui avais proposé une interview et elle l’ a acceptée avec une grande gentillesse.

Elisabeth BARRIER-BUNICHON

 

Nous avons abordé trois grands thèmes. Le premier thème a permis d’échanger sur la naissance et le développement d’une passion. Le deuxième thème a été consacré à l’organisation de la production de Fuchsias. Enfin, nous avons terminé sur un certain nombre de principes de culture  essentiels pour tous ceux qui veulent élever des Fuchsias dans leur jardin.

Histoire d'une passion

Comment êtes vous devenue une spécialiste des variétés de fuchsias ?                               Spécialiste, le mot me gène toujours parce que je n’arrive pas à gérer toutes les difficultés que je rencontre, je préfère le mot passionnée. Effectivement, je suis passionnée, je ne peux pas le nier, mais spécialiste, je trouve que j’ai encore beaucoup à évoluer dans la technique. J’ai, parmi mes connaissances, des gens qui ont une maîtrise de la culture très supérieure à la mienne. Il y a aussi le fait que je suis dans une région où les conditions climatiques ne sont pas toujours faciles à gérer, alors que les personnes auxquelles je fais référence sont dans des régions comme la Belgique où les contrastes thermiques sont beaucoup moins violents que ceux d’ici. Et puis surtout il y a des périodes de l’année où il faudrait que je dégage plus de temps pour m’occuper notamment de ma collection privée. C’est pour cela que le mot spécialiste me dérange. Parce que pour moi une personne spécialisée, a une très haute maîtrise du sujet. Moi, je pense que j’ai un bon niveau, mais il y encore du boulot.

Mais c’est impressionnant votre connaissance des variétés, vous connaissez bien la plante …

Oui, cela fait 25 ans que je la cultive donc forcément je commence à avoir appris quelque chose. Mais, j’ai encore des difficultés à gérer des jaunissements de feuillage que je n’arrive pas à stopper.

Alors, on pourrait dire que vous êtes une spécialiste de la plante …

Non, je ne suis pas spécialiste de la plante non plus, je ne suis pas hybrideur. Je suis une passionnée.

Vous ne faites pas de cultivars …

Non pour l’instant, je ne crée pas.

Et cela vous intéresserait …

Oui, l’idée de créer me plairait bien, notamment dans le domaine des rustiques parce que je trouve que de ce coté là, il y aurait vraiment à élargir la gamme. On pourrait essayer d’obtenir des coloris que l’on n’a pas encore comme l’orange, ou des tons clairs, à grosses fleurs. Après, c’est encore une histoire de temps, parce que l’hybridation par elle-même, c’est quelque chose de très simple, mais au-delà de l’hybridation proprement dite c’est très long. Rien que tester la rusticité, cela peut prendre des années. La grande majorité des hybrideurs à l’heure actuelle, sont des retraités qui souvent ont récupéré les carnets de leurs parents et de leurs grands-parents.

Vous pourriez récupérer les carnets de gens qui ont commencé …

Pas nécessairement, parce que je vais peut-être partir sur un projet d’hybridation qui va innover. Mais, de toute manière, cela prend de nombreuses années dans l’observation des obtentions, sans avoir une certitude de réussite, dans les critères de sélections recherchés.

Qu’est ce qui vous a fait venir aux Fuchsias ?

Je n’en sais rien. Cela fait 36 ans que je fais de l’horticulture. En 36 ans, j’ai vu un nombre d’espèces impressionnant et le Fuchsia dégage chez moi une émotion qu’aucune autre espèce ne dégage. Là, j’ai pas d’explications, à part l’émotion que ne dégage pas pour moi une autre plante. Il y a des gens qui vont être admiratifs devant une belle Orchidée. Moi, l’Orchidée, je la trouve belle, mais elle ne va pas déclencher d’émotion. Alors que c’est le cas chez le Fuchsia et pour certaines espèces de Fuchsias plus que d’autres. Je ne m’habitue pas, parce qu’une floraison est éphémère. L’émotion, je la ressens quand mes yeux se posent sur une fleur qui vient de s’ouvrir et qu’il y a une élégance dans la façon dont la branche se place, dans la façon dont les sépales se redressent, il y a quelque chose. Un ami m’avait offert une plante que je ne connaissais pas, et au printemps, un bouton s’est formé, l’attente devant ce bouton qui gonfle, gonfle … et un matin la fleur s’ouvre. là, je suis allée chercher ma gamine qui attendait son car et je lui ai dit : « Viens voir quelque chose d’extraordinaire ». C’est éphémère. J’ai envie de faire des photos, de fixer le moment : croquis, peinture, … . L’hiver Je passe énormément de temps sur mes albums photos, parce que « je suis en manque » !

En fait, ce sont des œuvres que vous faites …

C’est vrai, il y a un coté créateur dans l’horticulture. Vous mettez un bout de tige en terre et vous obtenez une plante exceptionnelle … C’est extraordinaire … C’est magique. Mais, il y a quand même tous les mois d’attention et tous les choix que l’on va faire pour la cultiver. Et c’est là que ça devient intéressant : cette plante, est belle parce que je m’y suis pris de telle ou telle façon. On se sent acteur.

Donc, pourquoi les Fuchsias. Comment êtes-vous devenu spécialiste ?

Je n’ai pas de réponse. Comment je suis devenu collectionneuse. Au départ, c’est une collection privée. Je me suis mis à collectionner les Fuchsias sans m’en apercevoir. C’est une de mes clientes qui m’a alerté. Le premier que j‘ai acheté, c’est à la demande d’une cliente qui voulait offrir 5 Fuchsias à ses filles et belles-filles. En Centrale d’Achat il y avait une plaque de 6, il m’en est resté 1, que j’ai refusé de vendre. Plus tard, en jardinerie j’achetais un plateau de 6 Fuchsias et dès que je tombais sur un Fuchsia nouveau, je l’achetais et ils étaient dans la serre. Un jour, une cliente m’a dit : « avec tous les Fuchsias que vous avez et que vous refusez de vendre, qu’est ce que vous attendez pour entrer au Club Fuchsia de la région Lyonnaise qui rassemblent tous les passionnés. A partir du moment où vous entrez dans un réseau de collectionneurs, vous maîtrisez plus rien. La collection a pris des proportions considérables en très peu de temps. Et je continuais à refuser de vendre. J’ai été contactée par la Société Nationale d’Horticulture Française, qui m’a demandée pourquoi je ne produisais pas. Comment voulez-vous que je fasse entrer une passion, dans une activité commerciale ? ». Donc, pendant des années, j’ai refusé. Et puis, Châtillon-sur-Chalaronne a créé sa 1ère foire « aux plantes rares ». Je les ai contactés en leur proposant d’exposer 80 pots,… superbes « mais je ne vends rien. » Bien sûr, je suis passée pour une originale. Durant deux jours j’ai rencontré gens, aussi touchés que moi par cette plante, qui cherchaient comment se procurer des boutures. Ces 2 jours m’ont décidé à produire. Les gens n’auraient pas éprouvé le besoin de cultiver des fuchsias, je serais toujours avec ma petite collection perso.

Alors que vous aviez une production par ailleurs …

Ce que j’ai toujours. Mais enfin le Fuchsia faisait l’année dernière 50% du Chiffre d’Affaire.

 

Organisation de la production sur la pépinière

On pourrait à ce stade aborder votre politique tarifaire, parce que vous avez des prix relativement bas sur le marché …

Je pars du principe qu’un prix de bouture est fonction de la durée de culture. Certains de mes collègues dans le milieu de la collection considèrent qu’un prix est fonction de la rareté. Je pense que c’est un choix. Le client intéressé par une variété très rare à la culture délicate, doit me convaincre de sa maîtrise, pour que j’accepte de vendre. Je préfère réserver la vente à un prix normal à ceux qui maîtrisent bien le sujet plutôt que de vendre à n’importe qui mais à un prix très cher. C’est un choix. Ce qui est rare est ce qui est difficile à produire où cela peut être rare car présent dans peu de catalogue.

Vous pourriez vivre beaucoup plus de vos Fuchsias en ayant un prix plus adapté …

Oui, mais est ce que je vendrais autant de boutures par an si je les vendais plus chers ? Je n’en suis pas convaincue. J’entends souvent la réflexion : « A ce prix là, j’en prends plusieurs. ». Moi, il se trouve que je gagne ma vie en vendant à ce tarif là Je vais vous dire, au départ, j’étais bien moins cher, mais pour entretenir de bonnes relations avec mes collègues collectionneurs je me suis aligné sur leur tarif.

Votre connaissance des 500 variétés de votre collection est impressionnante quand on vient de l’extérieur …

Ce n’est pas quelque chose d’étonnant à partir du moment où quelqu’un est passionné par quelque chose depuis longtemps. Il y a une époque où je les numérotais et je connaissais nom et numéro. Puis, j’ai cessé de les numéroter parce que des clients me demandaient le n° 27, et ça m’agaçait. Ces plantes ont été baptisées par les obtenteurs, on a la chance de ne pas payer de royalties, alors on va leur laisser leur nom. J’ai repris un classement par ordre alphabétique. Je ne pense pas que cela soit exceptionnel. Tout le monde sait que la mémoire est très sélective, c’est un sujet qui me passionne, ça fait 25 ans que je suis sur ce sujet là donc si j’en achète 6 une année, et bien les 6, je vais les apprendre très rapidement parce que chaque année, je n’ai pas beaucoup d’efforts à faire. En revanche, les 4 chiffres de ma carte bancaire, je ne peux pas y arriver. En fait, je me suis aperçu qu’il y avait une méthode qui permettait de retenir les noms : il faut que l’étiquette soit lisible. Dans tous les pots de ma collection, devant les plantes en pleine terre, j’ai des étiquettes de format assez grand. Et comme ce sont des plantes qui réclament une attention quotidienne, tous les jours mes yeux balayent l’étiquette, le nom s’incruste dans la mémoire. Le jour où je suis face à la variété ou une photo le nom arrive spontanément, sans avoir à chercher. Et à tel point, que lorsque des gens me font faire de la reconnaissance, soit le nom arrive spontanément et je suis sûre de moi, soit le nom ne m’arrive pas spontanément et c’est que je ne connais pas.

Comment se déroule votre activité dans l’année ?

La production de boutures commence au 15 août et se termine au 15 décembre. Dans cette période, je réalise 10000 boutures qui sont l’hiver en serre autour de 12°C. Et puis, quand le printemps s’avance, ces boutures vont être destinées : • Soit à être commercialisées dans un petit godet, elles vont être rempotées au bout de 2 mois • Soit à des pots plus spacieux, par exemple lorsque je fais les suspensions en février, je vais mettre 4 boutures au bord du pot • Et puis, je vais avoir un peu plus tard les godets rempotés dans des pots de 3 litres, et là, il n’y aura qu’une seule bouture par pot Cela permet d’avoir au printemps différentes tailles à commercialiser :

• La petite bouture de base qui restera en godet de 8

• Du pot de 3 litres

• Et de la grosse suspension de 3/4 plants

La vente commence au mois de mars jusqu’en août. Entre-temps, j’aurai au printemps sélectionné 300 pots parmi les boutures pour produire du pied mère.

Comment sélectionnez-vous ?

C’est en fonction du succès commercial. C’est-à-dire que ma collection privée me sert de pied mère (NDR : le pied mère est la plante qui va servir pour prendre les boutures) pour les variétés produites à moins de 50 boutures. En dessus, je vais produire du pied mère qui me permettra de faire le nombre de boutures souhaitées pour chaque variété. Ainsi, Il y a des variétés où je vais produire 1 pied mère. Il y a des variétés où je vais produire jusqu’à 3 pieds mères. Ces pieds mère, je les utilise pour faire mes boutures à partir d’août et ils sont mis en vente l’année suivante. Voilà à peu près le cycle.

Et votre collection privée ?

En ce qui concerne la collection privée, en février je procède au rempotage. je vais dépoter, faire une réduction de motte et remettre dans un nouveau mélange terreux une plante qui ne va pas changer de taille de pot. Mais cette plante va avoir la possibilité d’avoir un nouvel enracinement. C’est important. La collection passe l’hiver dans une serre à 5°C. En mars, changement de serre à 12°C et distançage. Sortie en mai dans le jardin. Elle passe l’été dehors, des visiteurs visitent le jardin tout l’été. Ensuite, la collection va être rentrée en serre au mois d’octobre. A partir du 1er novembre elle est taillée et replacée dans le local d’hivernage à 5°C. Les plus anciens Fuchsias ont 25 ans. Le nombre de variétés c’est 500, mais c’est pas la quantité qui compte : ce qui est important pour moi, c’est que chaque plant soit traité correctement et le temps que je peux leur consacrer. Ça, c’est la difficulté tant que je suis en activité, parce qu’il y a des moments où j’ai franchement l’impression de les négliger. Ils auraient besoin de moi, notamment au printemps où je suis prise par la commercialisation des plantes à massif et où ils sont obligés d’attendre que j’ai le temps de m’occuper d’eux.

Vous parlez de vos plantes comme de personnes …

Je ne vais pas jusque là, mais c’est quelque chose de vivant. Quand je pars en vacances, je ne peux pas tourner ma clef et m’en aller. Je suis obligée de trouver quelqu’un qui va venir s’occuper d’eux pendant que je serai absente, comme si vous aviez une personne dépendante, vous comprenez.

Vous aviez, il ya quelques années 600 variétés et vous en avez abandonné une centaine. Comment avez-vous fait ?

C’est très dur ! J’ai laissé partir ceux qui se ressemblaient et j’ai gardé la variété la plus résistante (aux maladies, aux contrastes thermiques …). J’ai vendu ou donné le reste. Il y a toujours des gens au club Fuchsia qui sont preneurs. Et puis, cela me permet tous les 2 ans de partir en quête de variétés nouvelles parce que je ne peux pas vivre sur un acquis. Il y a toujours de l’hybridation, des choses extraordinaires qui apparaissent. Je suis en contact avec d’autres collectionneurs qui nous permettent d’avoir des choses fabuleuses qui vont encore nous laisser le souffle coupé. Quand je fais entrer des nouveautés, je les mets en observation. Il y en a qui sont intéressantes mais qui ne rentrent jamais dans l’activité professionnelle car je ne produis que 300 variétés. D’abord parce qu’il y a des variétés qui n’intéressent personne, notamment parmi les botaniques (NDR : les botaniques sont des variétés apparues spontanément dans la nature). Donc, j’ai sélectionné les plus commerciales et les nouveautés ne seront pas forcément intégrées dans le catalogue. Je peux avoir un coup de cœur pour une variété qui va avoir un port décevant par exemple. Si elle est incontournable, je vais essayer de voir comment résoudre la difficulté, la tailler pour lui donner une autre allure (c’est vrai que la taille a une grande importance). Mais il m’est arrivé de perdre, j’ai des variétés qui ne se plaisent pas du tout chez moi. Alors je rachète une fois, deux fois, trois fois. Et au bout de 3 fois si j’ai perdu cette variété, je laisse tomber ». Mais c’est difficile, très difficile : « Maori Pipes » c’est un Fuchsia qui a une couleur exceptionnelle, il est aubergine et vert et je ne peux pas arriver à maîtriser la culture de ce Fuchsia. Régulièrement, je pars et il meurt parce qu’un tout petit excès d’eau, terminé ; un tout petit manque d’eau, terminé. C’est un Fuchsia qui va demander une attention très régulière et un petit écart ne vous fait pas de cadeau. En région Lyonnaise, on gère des écarts de météo très importants, des vents violents, des vents très chauds, il y a une souffrance terrible pour les fuchsias qui n’aime pas les excès. Dès qu’on s’écarte du climat les régions d’origine, on a des difficultés. Les gens qui veulent cultiver dans le sud de la France ont des difficultés. En même temps, j’ai des clients à Athènes en Sicile, au Portugal qui m’achètent des Fuchsias chaque année. C’est possible, mais cela demande des précautions particulières.

 

Principes de culture

Je voudrais que l’on revienne aux Fuchsias rustiques. La bonne nouvelle, c’est que l’on a un choix important sur les Fuchsias rustiques (vous en avez 80). Et vous, vous avez votre expérience concrète dans ce domaine notamment cette année en février 2012.

Même si c’est plus compliqué que cela. Je pense que la température n’est pas le seul facteur. Il semblerait que cette année soit exceptionnelle : au thermomètre sec, on avait -18°C, au thermomètre humide -22°C. Je n’avais jamais vu ça ici. Autre chose, c’est la durée du froid, plus de 20 jours en dessous de -10°C. Et auparavant, il n’y avait pas eu de descente de sève, la plante n’était pas en repos au moment du froid. Je n’avais pas encore taillé alors que d’habitude, je taille au ras de la souche après la première gelée et je ne protège pas (sauf les 3 premiers hivers pour que la souche ait le temps de s’installer). J’ai tremblé parce qu’ils sont repartis avec 2 mois de retard. Mais en fait, très peu ne sont pas repartis. Sur les 80 variétés, 6 ne sont pas reparties et encore certaines ne sont pas reparties à un endroit du jardin mais sont reparties à un autre. On s’est rendu compte que le courant d’air avait une incidence, que des sols très drainants étaient pénalisants. De là, j’insiste bien sur le fait que je peux dire : ce Fuchsia est rustique chez moi. Après, c’est aux gens à établir la comparaison entre leur propre jardin et le mien. On peut seulement dire : « ce fuchsia a été rustique à tel endroit en telle année ».

Finalement, votre sélection est plutôt bonne puisque vos plantes ont survécu …

Je sélectionne les variétés rustiques chez mes confrères, en veillant à comparer nos climats. Je peux aussi profiter de l’expérience de mes clients. J’ai une cliente qui a planté dans son jardin « Delta’s Parade » que j’ai toujours cultivé en pot et qui est rustique chez elle depuis plusieurs année. On peut aussi prendre des précautions supplémentaires pour accroître la rusticité d’un plant.

Quels sont pour vous les principes de culture essentiels ?

La première chose c’est l’exposition. On ne met jamais un Fuchsia en plein soleil l’après-midi. Il faut essayer de placer le Fuchsia dans un milieu qui va être le plus proche possible de son milieu d’origine. Le Fuchsia est une plante de sous-bois. Donc, soleil en matinée parfait ; mais ensuite, il faut qu’il soit à l’ombre. Trop d’ombre, il va moins fleurir, trop de soleil et il va souffrir.

Ensuite, l’arrosage. Il faut être le plus attentif possible. C’est la régularité qui compte. C’est-à-dire s’il est humide, je ne l’arrose pas ; s’il est sec, je n’attends pas demain, j’arrose de suite.

En période de canicule, on peut voir un Fuchsia, encore humide de l’arrosage du matin, qui fane. On est perdu. Que faire ? Surtout, ne pas arroser. La chaleur entraîne une fermeture des stomates (NDR : orifices sous les feuilles d’une plante qui permettent la respiration des plantes), pour éviter une déhydratation excessive de la plante. Seuls les racines respirent lorsque les stomates se ferment. Un arrosage des racines entraîne une asphyxie de la plante qui crève dans la journée. Il faut brumiser le feuillage, pour le rafraîchir.

Ce qui est important aussi, c’est la nature du substrat. Plus on est dans une région où les contrastes thermiques sont importants plus l’air doit circuler dans le mélange terreux,( parce que les racines vont être amenées à prendre le relais de la respiration très souvent.) Il y a des racines spécialisées dans la respiration et des racines spécialisées dans l’absorption des éléments nutritifs. Donc, le terreau idéal c’est : 1 volume en éléments drainants, 1 volume en terre franche, 1 volume de terreau et 1 volume de terre de bruyère.

Une dernière chose importante pour la culture en pot, c’est le volume du pot. Les gens ont toujours tendance à prendre des pots trop grands.

Nous attachons beaucoup d’importance à donner des conseils de culture lors des contacts que nous avons avec les gens qui s’intéressent au fuchsia, clients ou pas.

 

Voilà, j’espère que cette interview vous a intéressé. Elle montre l’importance de la passion dans la réussite et vous donne tous les moyens de cultiver les Fuchsias chez vous.

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